Et si La Pirogue m’était conté…
07 juin 2026
Il est de rares lieux qui, une fois visités, ne s’oublie jamais…
Depuis un demi-siècle, La Pirogue occupe une place privilégiée dans le cœur et l’imaginaire de milliers de visiteurs du monde entier. Pour beaucoup, il est une seconde maison, un cocon où l’on vient se ressourcer auprès de sourires familiers. C’est un lieu de rencontre, de partage…mais aussi une certaine idée du bonheur.
La naissance d’une icône

Lorsque La Pirogue ouvre officiellement ses portes ce 7 juin 1976, Maurice est un jeune pays indépendant. Longtemps tournée vers la monoculture de la canne à sucre, l’économie amorce alors sa diversification, notamment à travers le tourisme.
Sur la côte ouest de l’île, Flic-en-Flac n’est qu’un petit village vivant essentiellement de la pêche. Les familles mauriciennes s’y retrouvent le week-end, tandis que les touristes y sont encore rares. 
C’est de cette authenticité que puise l’architecte hollandais Joseph Van Melick pour imaginer les 200 bungalows aux murs de pierre et aux toits de chaume. Ses coups de crayon donnent aux toitures la forme de voiles déployées des pirogues. Cette silhouette restera comme la signature emblématique de l’établissement. Pour accueillir le complexe, c’est un terrain de 14 hectares, alors couvert d’une forêt de filaos peuplée de cerfs de Java, qui est choisi.

Dès son ouverture, La Pirogue innove en employant 120 femmes à différents postes. Une initiative pionnière dans un secteur alors largement dominé par les hommes. L’expérience attire l’attention au-delà des frontières mauriciennes : le magazine Africa Woman lui consacre un article dans son édition de février-mars 1976. D’autres hôtels lui emboîteront le pas, contribuant à faire évoluer la société mauricienne.
La Pirogue Marlin World Cup

En 1984, La Pirogue lance la première édition du Marlin World Cup, la plus ancienne compétition de pêche au gros de l’océan Indien. Retransmis dans 120 pays, il contribue à faire connaître la destination Maurice à travers le monde. À son apogée, l’événement accueillait jusqu’à 40 équipes et quelque 200 participants des quatre coins du monde.
Après 13 ans d’absence, la compétition a fait son retour en 2025 avec un format « attraper-relâcher », favorisant une pêche sportive plus responsable et respectueuse de l’écosystème marin.
Un écrin de verdure

Sur terre, les jardins ont toujours été un élément essentiel du domaine. Pour des raisons à la fois esthétiques et pratiques, les cocotiers sont préférés aux filaos. Les graines de cette espèce exotique rendaient l’entretien difficile, en plus de rendre la marche pieds nus inconfortables pour les visiteurs. Des espèces endémiques sont aussi introduites, dont le bois d’olive, la gastonia ou encore le latanier bleu.

Aujourd’hui, le domaine compte près de 1 800 arbres et plus de 9 000 plantes tropicales. Ces jardins, ayant aujourd’hui atteint leur pleine maturité, sont soigneusement entretenus au quotidien par des équipes de jardiniers.
Évoluer en préservant son âme
En 50 ans, La Pirogue a naturellement évolué. Les chambres ont été relookées, les espaces de vie modernisés et les restaurants réinventés. Tout cela pour répondre aux envies des voyageurs du monde entier.
Derrière chaque transformation, une même ambition : préserver l’esprit originel du lieu, celui d’un village balnéaire, ouvert sur l’océan, profondément mauricien. Celui aussi d’un hôtel où l’on vient autant pour la beauté du cadre que pour la chaleur humaine de son personnel. Au début des années 1990, l’hôtel inaugure deux nouvelles suites royales pour accueillir le Prince Philip, duc D’Edimbourg, et son fils, le prince Edward.

En 2003, trois mois de rénovation font naître une nouvelle piscine et des espaces entièrement repensés. En 2016, La Pirogue se réinvente une nouvelle fois en modernisant ses chambres, ses parties communes et ses restaurants, sans jamais se départir de l’esprit architectural qui a fait sa renommée.
Un demi-siècle d’histoire
Cet héritage est au cœur d’une expo-photo intitulée « La Pirogue : un voyage à travers le temps ». Installée dans les jardins de l’hôtel jusqu’au 31 décembre 2026, elle rassemble 19 clichés retraçant les grands moments de cette aventure avant tout humaine.

L’exposition met surtout à l’honneur les femmes et hommes qui donnent vie à l’esprit de La Pirogue. Derrière chaque séjour se cache des femmes et des hommes habités par une irrésistible envie de faire plaisir. Chaque année, ils sont nombreux à parcourir des milliers de kilomètres pour retrouver cette seconde maison, où le véritable luxe se révèle dans un sourire ou une attention discrète.

Cinquante ans après son ouverture, La Pirogue incarne le meilleur de l’hospitalité mauricienne, celle qui touche les cœurs, traverse les générations et laisse cette envie de revenir, encore et encore…