Canne à sucre : une histoire à découvrir au fil des paysages

Canne à sucre : une histoire à découvrir au fil des paysages

31 août 2026

L’avion vers Maurice amorce sa descente. Le ciel est parfaitement dégagé. Ceinture attachée, vos yeux ne quittent plus le hublot. Soudain, l’île apparaît… Le bleu de l’océan laisse progressivement place au vert de la végétation, en particulier aux vastes étendues de canne à sucre. Les champs quadrillent des pans entiers du territoire avec une précision étonnante.

Cette plante est indissociable de Maurice. Durant votre séjour, elle vous accompagne en permanence. En bordure d’autoroute ou à la sortie d’une ville, elle est partout.

Depuis son introduction sur l’île il y a près de 400 ans par les Hollandais, cette plante a redessiné des paysages entiers et écrit l’histoire du pays. En effet, les premiers occupants de Maurice l’introduisent en 1638. Son jus est alors utilisé pour faire une eau-de-vie appelée « arak ». Il s’agit d’un précurseur du rhum.

Un peu d’histoire

C’est toutefois durant la période française, de 1715 à 1810, qu’une véritable industrie sucrière voit le jour. Elle se construit cependant sur l’exploitation de personnes réduites en esclavage, apportées d’Afrique pour travailler dans les plantations. L’économie de l’île tourne alors autour de cette culture et de la production de sucre.

Cette place centrale reste inchangée lorsque les Britanniques prennent possession de l’île en 1810. C’est durant cette période que la décision est prise d’abolir l’esclavage à partir de 1835. À l’approche de l’échéance, les planteurs commencent alors à se tourner vers les travailleurs engagés indiens. De 1834 à 1920, près de 500 000 travailleurs arrivent à Maurice pour travailler dans les plantations. Cette migration marque, avec l’esclavage, une phase importante du peuplement de l’île et participe à forger le métissage qui caractérise aujourd’hui la population mauricienne.

Socle économique

Si vous séjournez dans l’île durant l’hiver austral, vous assisterez à la saison de coupe. Dépaillées et coupées dans les champs, les cannes sont acheminées par camions vers les trois sucreries encore en activité. Si vous vous baladez dans le Nord, l’Est ou le Sud, vous pourrez sans doute les apercevoir. Dans les années 1960, l’île en comptait plus d’une vingtaine... qui étaient de plus petite taille et moins efficiente.

L’industrie portait à elle seule l’économie mauricienne. Aujourd’hui, cette situation a changé. Depuis l’indépendance en 1968, le pays a progressivement diversifié son économie. Aujourd’hui, la surface cultivée régresse, mais grâce aux techniques culturales et aux nouvelles technologies industrielles, la production se maintient et les sucres gagnent en qualité.

Saveurs uniques

En 1978, l’industrie innove en créant ses premiers sucres non-raffinés, connus comme des « sucres spéciaux ». Ces produits préservent non seulement les saveurs, mais également préservent la valeur nutritionnelle de la canne. L’île en produit à ce jour 18 variétés, qui sont exportées à travers le monde.

Ces produits sont le reflet d’un savoir-faire et d’un terroir unique, reposant sur un sol volcanique et un climat tropical propres à Maurice. Profitez de votre séjour pour les découvrir et en ramener chez vous !

Rien ne se perd

La canne est une plante vertueuse, puisque ses co-produits sont tous utilisés. Lorsque la tige est écrasée pour en extraire le jus, la bagasse (le résidu fibreux) est transférée vers les centrales thermiques attenantes aux sucreries pour servir de combustible. Les cendres sont récupérées pour être utilisées comme fertilisants.

Des écumes sont récupérées après décantation du jus de canne. Riches en nutriments, elles retournent aux champs comme engrais. Issue du process industriel, la mélasse, quant à elle, sert, à produire de l’éthanol, un biocarburant.

 

Si le sucre a occupé une place centrale, tel n’est plus le cas. Cela dit, la canne continue de jouer un rôle essentiel en façonnant les paysages et les saveurs de notre terroir.

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